La souveraineté alimentaire

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La Via Campesina a inventé le terme « souveraineté alimentaire » en 1996, qu’il a défini comme « le droit des peuples à une alimentation saine, dans le respect des cultures, produite à l’aide de méthodes durables et respectueuses de l’environnement, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles. »

Bref, la souveraineté alimentaire place les producteurs et la démocratie au centre de nos systèmes alimentaires. .

Le concept a été enrichi au Premier Forum pour la souveraineté alimentaire tenu à Sélingué, Mali en 2007. La Déclaration de Nyéléni Déclaration de Nyéléni, PDF, établit six piliers de la souveraineté alimentaire :

  1. La priorité donnée à l’alimentation des populations
  2. La valorisation des producteurs d’aliments
  3. L’établissement de systèmes locaux de production
  4. Le renforcement du contrôle local
  5. La construction des savoirs et du savoir-faire
  6. Le travail avec la nature

Au Canada, un processus de consultation large a produit l’ajout d’un septième pilier, l’alimentation est sacrée, lequel reconnaît que les peuples autochtones ont depuis longtemps identifié les aliments, l’eau, le sol et l’air comme des sources de vie, et non pas comme des ressources.

Souveraineté alimentaire ou sécurité alimentaire?

La souveraineté alimentaire, qui se distingue de la sécurité alimentaire, est en fait née à la suite d’une insatisfaction par rapport à ce dernier concept. Bien qu’elle soit largement utilisée, la sécurité alimentaire ne remet pas vraiment en question les idées reçues sur nos systèmes alimentaires mondiaux. En tan que concept, la sécurité alimentaire signifie que la population a accès à une quantité suffisante d’aliments et de nutrition sans tenir compte des méthodes d’approvisionnement et de production. En d’autres mots, la sécurité alimentaire ne fait aucune distinction entre la production locale, le commerce international et les importations mondiales.

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Pour Louisa Gomez, une paysanne hondurienne et dirigeante associée à la FIPHA, le partenaire d’USC au Honduras Honduras: « La sécurité alimentaire, c’est quand le gouvernement veille à ce que les magasins soient bien approvisionnés, et ce, que les gens aient les moyens d’acheter ou non. La souveraineté alimentaire, c’est quand les gens sont capables de produire leurs propres aliments pour se nourrir. »

Si la sécurité alimentaire est axée sur le consommateur, la souveraineté alimentaire est centrée sur l’importance des producteurs et elle insiste sur leurs droits démocratiques dans les processus de prise de décision. Les petits paysans produisent 70 pour cent des aliments consommés dans le monde sur seulement 25 pour cent des terres arables, une superficie qui diminue sans cesse à mesure que s’intensifie l’accaparement des terres à grande échelle.

La souveraineté alimentaire considère aussi que l’alimentation est un droit et un bien public, non pas une marchandise, et que la production alimentaire concerne les relations entre la communauté et la nature, non pas les affaires et le commerce.

Le concept considère également que la faim n’est pas le résultat d’une production insuffisante d’aliments, mais bien un problème de gouvernance de l’alimentation, de mauvaise répartition et d’injustice. Des études montrent aussi que les aliments produits selon les techniques agricoles traditionnelles et l’agroécologie Agroécologie fournissent suffisamment de nutriments et de calories pour nourrir nos populations croissantes. Le gaspillage des aliments, les modèles non durables de production alimentaire et l’échange inégal qui défavorisent les petits producteurs contribuent également à la faim chronique dans le monde.

En tant que concept transformateur, la souveraineté alimentaire remet en question l’idée des aliments comme marchandise et se concentre sur les producteurs et productrices. La souveraineté alimentaire vise avant tout à permettre aux citoyens, aux producteurs et aux consommateurs de récupérer leur pouvoir décisionnel et à développer des circuits alimentaires locaux, de la ferme à la table.

À ce jour, huit pays ont enchâssé la souveraineté alimentaire dans leur constitution : l’Équateur, le Venezuela, le Mali, la Bolivie, le Népal, le Nicaragua, l’Uruguay et le Sénégal.

Quelques statistiques

  • En 2005, on a produit suffisamment de nourriture pour fournir 2 772 calories par jour à chaque habitant de la terre
  • En Afrique subsaharienne, où 27,6 pour cent de la population connaît la faim, il y avait suffisamment d’aliments pour fournir à chaque personne 2 238 calories par jour
  • En Asie du Sud, où 21,8 pour cent de la population a faim, il y avait suffisamment d’aliments pour fournir 2 293 calories par jour par personne (Roberts, 2013, 13)
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