La diversité des semences

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Les semences ont toujours été l’élément central des systèmes alimentaires productifs et sains.

Depuis des millénaires, des générations de familles paysannes et fermières sélectionnent, conservent et partagent leurs meilleures semences et augmentent peu à peu leur diversité. Elles ont développé des milliers de variétés – par exemple, pas moins de 20 000 variétés de maïs. Chacune de ces variétés a ses propres forces uniques et s’adapte aux conditions changeantes de chaque saison de culture agricole. Certaines variétés résistent aux maladies ou aux ravageurs. D’autres tolèrent les conditions climatiques extrêmes comme la sécheresse, les inondations ou le gel précoce. Certaines ont de meilleurs rendements ou une meilleure valeur nutritionnelle. Nous avons besoin de toutes ces caractéristiques – maintenant plus que jamais.

Les paysans et fermiers ont compris que la diversité des semences est garante de la sécurité alimentaire : en plantant diverses variétés de semences, au moins certaines d’entre elles produiront des aliments, peu importe les conditions climatiques.

L’accès à une diversité de semences aide les paysans et les fermiers à récupérer après une mauvaise saison, surtout à l’époque actuelle de variations et d’extrêmes climatiques. En permettant l’accès à des semences appropriées, l’on s’assure que les paysans et fermiers puissent produire des aliments et planifier les prochaines saisons de culture.

Notre banque de semences diminue

L’agriculture moderne a développé des cultures à haut rendement partout sur la planète. La recherche sur le blé à pain au Canada a procuré à notre pays une reconnaissance mondiale pour sa qualité exceptionnelle. Mais nous nous sommes concentrés sur un nombre trop restreint d’espèces et trop peu de variétés de chacune de ces espèces. Cette concentration réductrice comporte un coût pour notre système alimentaire et l’environnement.

Au cours des 100 dernières années, la diversité totale des semences a diminué de 75 pour cent. Rien qu’en Amérique du Nord, 90 pour cent des variétés de fruits et de légumes sont disparues. Les Canadiennes et Canadiens dépendent de seulement quatre espèces de plante – le blé, le maïs, le riz et la pomme de terre – pour 60 pour cent des calories de leur régime alimentaire.

Le système agricole compte de moins en moins d’options pour affronter des menaces vraiment sérieuses. L’approvisionnement en aliments devient vulnérable.

Facteurs qui touchent la diversité des semences dans le monde

  • En raison de la consolidation de l’industrie des semences, trois sociétés contrôlent maintenant 53 pour cent du marché mondial des semences commerciales. Les dix premières sociétés de semences accaparent 75 pour cent du marché mondial des semences.
  • La sélection des plantes peut avoir un effet important sur la nutrition : depuis 60 ans, la pomme de terre produite au Canada a en moyenne perdu 100 pour cent de sa teneur en vitamine A, 57 pour cent de sa teneur en vitamine C et fer et 28 pour cent de sa teneur en calcium. La plupart des pommes de terre de la planète sont cultivées pour la préparation de frites.
  • Le secteur bio est le secteur de l’agriculture qui croît le plus rapidement aujourd’hui. Mais 95 pour cent de toutes les semences de nos principales cultures agricoles sont encore sélectionnées pour leur uniformité, leur performance sous des conditions contrôlées et l’application systématique d’intrants synthétiques.

Impacts mondiaux

Les points chauds de la biodiversité de notre planète sont aussi des centres d’origine de la plupart des cultures alimentaires. Et ici encore, la diversité des semences diminue rapidement. C’est le cas de centaines de variétés de pomme de terre dans les Andes, de riz en Asie, d’arachides et de céréales en Afrique et de légumes partout. Les communautés de petits paysans perdent du terrain devant les intérêts des grandes sociétés agroalimentaires qui peuvent dégager plus de profits avec de grandes plantations de monoculture destinées aux marchés d’exportation vers les pays riches comme le nôtre. Selon un rapport de GRAIN publié en 2014, les fermes des petits paysans produisent 70 pour cent de la nourriture consommée sur la planète en utilisant seulement 25 pour cent des terres disponibles. Mais ce nombre diminue rapidement.

La bonne nouvelle

Les bonnes semences produisent plus que de bons aliments. Elles produisent aussi des communautés saines. Partout au monde, la plupart des familles paysannes et fermières conservent encore leurs semences en utilisant et même en augmentant la diversité inestimable des semences locales, adaptées à toutes sortes de paysages, climats et systèmes de production. Mais elles ont besoin d’appui.

Que pouvons-nous faire?

Il existe bien des façons pour nous de devenir des « protecteurs de semences ».

Être un « protecteur de semences » signifie rétablir le respect des écosystèmes locaux. Cela signifie de mieux choisir les aliments que nous achetons. De reconstruire des relations plus étroites avec nos producteurs d’aliments locaux, peu importe où nous vivons sur la planète. D’appuyer les paysans et fermiers qui conservent et utilisent des semences diversifiées pour nous nourrir.

Fondamentalement, cela signifie de changer la façon dont nous cultivons nos aliments parce que c’est un enjeu important.

Read 1245 times Last modified on Friday, 20 February 2015 01:54
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LottaHitschmanova tbnQu’est-ce qui se cache dans USC?

USC Canada, autrefois le Comité du service unitaire du Canada, a été fondé en 1945 par Lotta Hitschmanova, Ph. D.. Aujourd’hui, nous nous appelons simplement USC Canada – mais nous cultivons encore les semences que Lotta a semées. Pour en savoir plus sur notre fondatrice, Lotta Hitschmanova, veuillez consulter Notre Fondatrice.

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